« Traits, lignes, figures : la conjuration du vide sur les cartes marines »

Résumé : La carte marine présente des caractéristiques originales par rapport à la carte terrestre : cartes d’exploration et de découverte, portulans, routiers, cartes de détail chorographique ou planisphères au format grand aigle, plus récemment « pilot charts » dessinant les courants et les vents dominants…, les cartes marines exhibent généralement des références scientifiques : selon les moments et les auteurs, la carte ne présente qu’un simple trait, tracé sur un fond blanc, mais souvent s’inscrit en surimpression sur d’autres lignes, le marteloire avec ses lignes de rhumb (où la carte est semée de points rayonnant dans 16 directions), le graticule avec son quadrillage régulier, ou le système croisé des méridiens et des parallèles. Ces principes d’orientation et de reconnaissance s’agrémentent de l’indication d’un point cardinal, de l’échelle. Très généralement, elles se laissent aussi coloniser par des figures plus ou moins fantaisistes (navires, monstres marins, vents joufflus, ou habitants des mondes éloignés…). En fait, ces représentations reposent sur une vision du monde très variable, mais qui semble reposer sur une commune horreur du vide. Même si ces cartes se veulent utilitaires et objectives, géométriques et normées, elles ne s’affranchissent pas de soucis d’ordre propitiatoire, d’un imaginaire destiné à montrer le monde dans toutes ses dimensions. Représenter le vide d’une vaste étendue océanique n’est pas seulement frustrant pour les curieux, il est surtout très inquiétant : la ligne qui sert à se tirer sur le but du voyage ou le trajet porté d’une précédente expédition constituent des antidotes à l’angoisse de la traversée vers l’inconnu, ils promettent l’existence de l’escale et la sûreté du voyage rectiligne. Les dessins figuratifs énumèrent les éléments d’une liste prétendument exhaustive au niveau paradigmatique. Grâce aux lignes et aux figures, la carte présente le voyage comme déjà potentiellement achevé et dessine à l’avance l’ombre portée de la route à venir.
Mots-clés : carte marine roman
Type de document :
Communication dans un congrès
Béatrice Bonhomme, Sylvie Ballestra-Puech, Micéala Symington. Colloque Le Trait : langage, visage, paysage, Mar 2005, Nice, France. L'Harmattan, De la lettre à la figure, 1/2, pp.47-66, 2007, De la lettre à la figure
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Contributeur : Odile Gannier <>
Soumis le : mercredi 17 février 2016 - 18:24:51
Dernière modification le : jeudi 3 mai 2018 - 12:58:07
Document(s) archivé(s) le : mercredi 18 mai 2016 - 13:15:46

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  • HAL Id : hal-01274533, version 1

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Odile Gannier. « Traits, lignes, figures : la conjuration du vide sur les cartes marines » . Béatrice Bonhomme, Sylvie Ballestra-Puech, Micéala Symington. Colloque Le Trait : langage, visage, paysage, Mar 2005, Nice, France. L'Harmattan, De la lettre à la figure, 1/2, pp.47-66, 2007, De la lettre à la figure. 〈hal-01274533〉

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